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MARCUS
MALTE |
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Petites
agonies urbaines
LE BEC EN L'AIR 2006 |
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Photographies: Michel Denancé
Textes de : Mathieu Belezi, Jeanne Benameur, Abdelkader Djemaï,
Mourad Djebel, Jacques Jouet, Marcus Malte
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le livre
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L'HISTOIRE
Petites
agonies urbaines, mélange surprenant entre photos et littérature,
est né d'un travail photographique consacré aux façades
murées de Paris et de sa banlieue. Des immeubles et des maisons
sont ainsi volontairement interdits d'usage par l'obstruction des
portes et des fenêtres. En attente de démolition, ces
lieux en déshérence deviennent des paysages délaissés
mais rayonnent d'une grande force plastique.
Michel Dénancé les a repérés et propose
une étrange parcours qui relie ces morceaux de ville délibérément
installés dans une jachère urbaine. Ses photographies
dessinent un décor capable de stimuler l'imagination d'écrivains
aux styles et aux univers différents.
Plusieurs auteurs ont été ainsi sollicités
: romanciers de la ville et de l'urbain, références
de la littérature policière, amis de l'Oulipo, raconteurs
d'histoires, écrivains-promeneurs ou étrangers amoureux
de Paris. |
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EXTRAIT
Nina au Pays des Merveilles
"-
Qu'est-ce qu'ils font ? elle a demandé pour la troisième
fois.
- Qui ça ? j'ai fait.
- Eux, là.
Son bras tendu évoquait sans équivoque l'immeuble
de l'autre côté de la rue et les deux ouvriers occupés
à monter leurs agglos.
- On ne montre pas du doigt, Nina. Ce n'est pas poli.
Son bras s'est rabaissé. Elle ne s'est pas remise en route
pour autant.
- T'en veux un autre ? j'ai demandé, tout sourire, en agitant
le paquet de biscuit sous son nez.
C'est là que j'ai entendu la voix de sa mère en
train de me réciter une liste de colorants et de conservateurs
longue comme les versets du Coran et que je me suis fait l'effet
d'être la méchante reine tâchant de fourguer
la pomme rouge empoisonnée à Blanche-Neige.
Nina a pioché une autre de ces cochonneries, mais elle
l'a gardée à la main. Elle attendait, Maligne, la
princesse.
Il a bien fallu que je jette un oeil vers l'immeuble. Plutôt
une ruine en réalité. Toit délabré,
façade lépreuse, la seule chose encore à
peu près en état était la plaque en tôle
émaillée au-dessus de l'entrée. Elle portait
le numéro 17. J'ai pensé que même des fantômes
n'auraient pas aimé hanter cette adresse."
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