|
MARCUS
MALTE |
|
| |
Plage
des Sablettes, souvenirs d'épaves
AUTREMENT 2005
|
| |
|
| |
L'HISTOIRE
La
Seyne-sur-Mer. Un homme qui se penche sur son passé, au cours
duquel l'histoire de la ville s'est indissociablement liée
à son destin personnel.
Et des souvenirs échoués sur la plage comme des épaves,
que rien ne saurait effacer. Pas même les vagues. |
| |
EXTRAIT
"
On ne va pas refaire l'histoire. On ne va même pas
verser une larme. C'est juste pour dire que, depuis bientôt
vingt ans que le dernier bateau est sorti de ses entrailles, la
ville se cherche. Dans le sillage du navire, elle a vu s'évanouir
ses espoirs, ses illusions, ses traditions, sa fierté,
sa raison d'être. Et qu'est-ce qu'on va faire de nos mains
et de nos têtes, maintenant ? On n'entend plus le chant
de la sirène, qui découpait nos jours, qui marquait
notre temps. Qui faisait s'ouvrir grandes les portes et nous libérait.
On est toujours taulards, prisonniers, mais du néant. Nombreux
sont les anciens qui errent et hantent jusqu'à plus d'heure.
Pas tous, Dieu merci. Il y en a qui sont morts. Il y en a qui
se sont fait sauter le caisson. Il y en a qui crèvent à
petit feu d'une cirrhose ou d'un cancer, qui s'étouffent
lentement, les poumons tapissés de toute cette saloperie
d'amiante qu'ils se sont avalés des années durant.
Il y en a qui sont partis vers des cieux plus cléments.
"
|
| |
DANS LA PRESSE
La dégringolade sociale d'une ville florissante jusqu'aux
années 1970, le sort fait aux ouvriers des chantiers navals,
la douleur de la perte d'un ami forment la trame de ce texte formidable
que l'on doit à la plume de l'un des plus doués et
des plus désespérés des auteurs français
contemporains. Les très belles photographies de Stéphanie
Léonard correspondent au texte avec exactitude.
BILIPO - Bibliothèque des Littératures
Policières
Le décor est tout de suite planté. La Seyne-sur-Mer,
avec l'évocation de son passé de cité ouvrière,
de son présent transformé en station balnéaire
pour touristes populaires et la présentation du protagoniste
qui se nomme Ingmar Pehrsson, 41 ans, lieutenant de police (..)
On attend avec impatience l'arrestation du criminel, et nous ne
sommes pas déçus... la fin est géniale.
Ces petits polars sont des bijoux du reflet de notre société,
dans son côté le plus sombre.
INTER
CDI
Quand
Marcus Malte fait du noir, c'est noir. Et en homme qui se pose beaucoup
de questions sur la qualité d'écriture, il peaufine
admirablement son style. Cette longue nouvelle, centrée sur
la Seyne-sur-Mer où habite l'auteur, est une réussite...
A vous de la découvrir.
L'OURS
POLAR
Marcus Malte a l’art de planter un décor. Et de laisser croire au lecteur qu’il va pouvoir s’y promener sans trop se soucier de savoir si les personnages qu’il va rencontrer sont de ceux que l’on peut fréquenter à la légère. Les choses de la vie n’y sont pas plus noires que celles vécues dans l’imaginaire commun et l’on se dit que quelque soient les évènements qui adviendront au cours du récit on aura tôt fait de s’en acquitter. Le côté obscur des personnages n’est dévoilé que par petites touches comme s’il ne fallait rien brusquer, comme s’il fallait prendre soin du lecteur et ne pas contrarier ses habitudes. C’est dans la routine quotidienne que Marcus Malte plante ses banderilles. Presque par effraction. Deux ou trois mots dits à la sauvette, un petit aveu que l’on croit de complaisance, une impression fugitive viennent ça et là bousculer une réalité monolithique. J’exagère en disant que la plage n’est qu’à moi annonce le narrateur, une fois passées les considérations météorologiques, topographiques et ethnologiques inhérentes à la plage des Sablettes, ce lieu d’errances ou vont se dessiner peu à peu les contours d’une vie partie en lambeaux.
Dans cette longue nouvelle, le narrateur se nomme Pehrrson, un flic perdu depuis l’enfance, sans attaches depuis que son seul ami fut retrouvé mort sur une plage, endurant migraines et cauchemars, sans autre dessein que celui de traquer un assassin, fut-il un fantôme.
Publiés en même temps qu’Intérieur Nord, ces Souvenirs d’Epaves sont de la même veine, aiguisés, percutants et intensément sensibles.
Patrick L'ECOLIER
|
|