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MARCUS
MALTE |
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Le
Doigt d'Horace
FLEUVE NOIR 1996 |
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L'HISTOIRE
A
défaut de tuer les députés véreux, il
arrive que les charges explosives ressuscitent leurs fantômes.
C'est du moins ce qu'espère Franck, traqué par le
Milieu et adopté par un drôle de duo : Mister et Bob.
Le premier est pianiste de jazz, le second est chauffeur de taxi.
Et pour eux, le passé de Franck est une partition inachevée
qui mérite d'être rejouée.
Roman noir à dominante " blues ", qui donne à
l'aube ses lettres de détresse - et d'humour. |
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EXTRAIT
"
La femme n'avait plus dit un mot depuis que Franck était
rentré. Elle était installée devant une table
de jeu, au centre de la pièce, et paraissait obnubilée
par sa réussite. Elle battait les cartes avec dextérité,
les battant, les retournant, les étalant sur la feutrine
verte avec des gestes sûrs et rapides. Presque trop rapides
pour être vrais.
Simplement vêtue d'une robe de chambre, un modèle
de marque, boutonnée de bas en haut, avec un col droit
qui accentuait encore la maigreur de son cou. Des mules aux pieds.
Lorsque Franck s'approcha d'elle, elle n'esquissa pas même
un regard dans sa direction. Un valet de pique resta une seconde
en suspens, entre son pouce et son index, puis fut violemment
plaqué sur le ventre et recouvert aussitôt par d'autres
figures, d'autres couleurs, toutes projetées avec une frénésie
accrue.
Franck posa le verre d'eau sur le coin de la table, et d'un geste
vif bloqua la main de la femme dans son élan. Sans violence
mais ferme. Il la maintenait par le poignet, si mince que ses
doigts à lui en faisaient le tour. Elle ne chercha pas
à résister ; simplement elle leva vers lui un visage
osseux et pâle, aux lèvres serrées, aux narines
pincées. Seuls ses yeux semblaient sans colère.
Les iris transparents se fondaient dans le blanc laiteux et n'exprimaient
rien. Des yeux vides, morts.
Même après tant d'années, Franck n'arrivait
pas à s'y faire. Il détourna son propre regard et
glissa les pilules entre les doigts de la femme.
- Tu devrais prendre ça, murmura-t-il, c'est l'heure. "
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DANS
LA PRESSE
Du
blues, du blues, du blues
Tempo 220 pour le moins. Pour un
coup d'essai, c'est un coup de maître. Marcus Malte sort un
premier roman au Fleuve Noir, et c'est un vrai petit plaisir réservé
aux amateurs. Conçu comme un solo de saxo, juste au moment
où ça vous prend aux tripes pour vous emmener de l'autre
côté des étoiles.
Y a pas de sang
ou si peu. Y a pas de cadavre grand guignolesque,
ou juste une esquisse. Mais il y a cette petite musique de l'aube
qui guide tout le livre. A remercier le ciel d'avoir deux oreilles.
LE
BIEN PUBLIC
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